Pourquoi elle ne fonctionne pas sur le long terme, mais surtout les dégâts qu’elle peut causer

La restriction calorique, ou le fait de réduire significativement son apport calorique dans le but de perdre du poids, est une méthode encore couramment utilisée. Cependant, cette approche présente des limitations importantes et peut même avoir des effets néfastes sur la santé à long terme.

Je suis confrontée à ce problème très souvent, malheureusement. Voilà pourquoi je voulais faire un petit rappel sans jugement, sans culpabilité, juste informer.

1. Ralentissement du métabolisme

Lorsque vous réduisez drastiquement votre apport calorique, votre corps réagit en ralentissant son métabolisme pour conserver de l’énergie. Ce phénomène bien connu, appelé thermogenèse adaptative, diminue le nombre de calories brûlées au repos. Ainsi, même si vous mangez moins, votre corps s’adapte et la perte de poids ralentit, voire s’arrête. Ce ralentissement métabolique peut persister même après la fin de la période de restriction, rendant plus difficile le maintien du poids perdu.

2. Effet yo-yo

Les régimes restrictifs sont souvent difficiles à maintenir sur le long terme en raison de leur nature privative. Beaucoup de personnes finissent par reprendre leurs anciennes habitudes alimentaires, entraînant une reprise de poids rapide, souvent plus que le poids perdu initialement. Ce cycle de perte et de reprise de poids peut être plus dommageable pour la santé que de ne pas avoir perdu de poids du tout.

3. Perte de masse musculaire

Lors d’une restriction calorique sévère, le corps peut commencer à utiliser les muscles comme source d’énergie. Cette perte de masse musculaire est préjudiciable car les muscles jouent un rôle crucial dans le métabolisme de base. Une diminution de la masse musculaire entraîne donc une réduction du métabolisme basal, ce qui complique davantage la gestion du poids à long terme.

4. Impacts psychologiques et comportementaux (de plus en plus de jeunes sont concernés)

Les régimes restrictifs peuvent entraîner une fixation excessive sur la nourriture, augmenter le stress et la culpabilité liés à l’alimentation, et favoriser les troubles du comportement alimentaire comme la boulimie, l’anorexie et l’orthorexie. La privation constante peut également mener à des épisodes de compulsion alimentaire, sabotant les efforts de perte de poids.

5. Carences nutritionnelles

Réduire drastiquement l’apport calorique peut conduire à des carences en nutriments essentiels (vitamines, minéraux, micronutriments), pouvant affaiblir le système immunitaire, causer de la fatigue, et entraîner des problèmes de santé à long terme comme l’ostéoporose, l’anémie ou des troubles cardiaques.

Plutôt que de se focaliser sur la réduction drastique des calories, il est préférable de privilégier une alimentation variée et nutritive, en écoutant les signaux de faim et de satiété de son corps — et de mastiquer (ça marche vraiment !).

Anecdote pour plus de concret : un patient a perdu du poids simplement en mastiquant plus longuement ses aliments, sans rien changer d’autre à ses habitudes alimentaires de base. Par la suite, nous avons ajusté notre approche pour lui proposer des aliments de meilleure qualité afin de favoriser sa santé globale, car la santé ne se résume pas seulement au poids corporel.

L’objectif de cet article est de prévenir contre les dangers de la restriction calorique drastique. Une fois que l’on a traversé cette expérience, il est souvent difficile de revenir en arrière et de réparer les dommages causés.

Idée du jour : tortilla espagnole (pas trop de patates, des œufs, beaucoup de verdure). Bon appétit !

Ceci est un partage : ce texte ne vise aucunement à susciter des réflexions négatives ou à inciter à des jugements hâtifs. Au contraire, il est le fruit d’une passion profonde pour la recherche de solutions pour promouvoir la santé et le bien-être.

Hélène Sevrin Micronutrition